Documentaire citoyen indépendant sur la situation au Brésil au sujet de la coupe du monde 2014 de football

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Au nom de l’inconscience

Venez peuples ignorants, nous vous offrons le jeu,
Le divertissement, qui vous rendra heureux.
Rejoignez nos grands cirques, soyez-en spectateurs,
Nos cœurs sont tyranniques, vous-en serez acteurs.

Acteurs de l’injustice, venez participer,
Attisons les supplices, de l’extrême pauvreté.
Venez jouir du sang, que l’on a fait couler,
Oubliez tous ces gens, qui veulent nous boycotter.

Ne réfléchissez pas, vos métiers sont si dur,
Abrutissez vos pas, vous marchez en lieu sûr.
Courrez après la balle, nous c’est plutôt l’argent,
Nos désirs nous emballent, on vous enferme dedans.

Non n’ouvrez pas vos yeux, vous savez déjà tout,
Réalisez vos vœux, ne pensez qu’à vos sous.
Vos vies ont leurs problèmes, le travail, les amours,
Ne pensez qu’à vous-même, c’est la pagaille autour.

Donnez-nous vos confiances, confiez-nous le pouvoir,
Épuisez-vous d’errance, télés sont le savoir.
Peinez dans votre cage, que l’on a fait pour vous,
Oubliez les mirages, liberté, rêve fou.

On expulse les pauvres, en violant droit de l’homme,
Dont nous sommes les apôtres, que pour gens qui consomment.
Tuer est pardonnable, si c’est pour le plaisirs,
Jeux romains inviolables, Colisée des désirs.

Loïc Schneider
12 février 2014

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Tepco admet « l’éventualité » que la contamination soit descendue dans lescouches profondes du sol

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Tepco admet finalement la « possibilité » que la contamination soit descendue dans les couches profondes du sol. Tepco l’a annoncé au cours de la conférence de presse extraordinaire du 24 juin 2014. Le Fukushima Diary signale cette possibilité depuis des mois (cf. La radioactivité augmente toujours, voir l’article précédent)

Tepco affirmait que les eaux extrêmement radioactives étaient descendues jusqu’à 15 m en sous-sol mais qu’elles avaient été arrêtées par la couche imperméable juste en dessous.
Or, dans un échantillon du 10 juin 2014, on relevait à nouveau entre 120 et 140 000 Bq/m³ de tritium à 25 m de profondeur en sous-sol.

Tepco est toujours « en investigation » pour en trouver la cause et ils affirment que la construction du mur congelé a pu accidentellement répandre la radioactivité.

Il y a peu de solutions pour empêcher la diffusion des eaux extrêmement radioactives si elles pénètrent dans les couches profondes. Elles peuvent alors voyager en sous-sol sous l’océan et ressurgir en mer bien au large de la centrale de Fukushima.
Lien vers le rapport Tepco

Pendant ce temps, on a découvert de la contamination au sol, en césium, d’une école

Il s’agit de l’école primaire de Konan dans la commune de Fujisawa, dans Kanagawa. La distance à la centrale nucléaire de Fukushima est d’environ 300 km…

Source

Ce que vos merdias ne vous diront jamais à propos de la pseudo « dictature » de Kadhafi

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Je ne sais pas si vous utilisez votre cerveau quand vous regardez votre boite à image, mais avez vous au moins compris qu’il y avait de nombreux « bugs » dans les commentaires de ces vautournalistes ?

Nous l’avons constaté il y a quelques jours avec de fausses traductions de Poutine publiées sur TF1 et autres merdias, mais encore avec la Syrie ou ces mêmes merdias ont occultés l’information quand l’ONU a rendu son rapport disant que les Gaz avaient été utilisés par les djihadistes…

Plus en arrière dans le temps, rappelez vous de Kadhafi.

Ces mêmes merdias nous disaient que le peuple libyen crevait sous la dictature de Kadhafi…

Mais hormis le sinistre sioniste et philosophe des wc publiques BHL, qui a réellement dit cela ?

Personne et pour cause !

Histoire de remettre encore une fois les pendules à l’heure, aujourd’hui je vous propose la réalité sur la Libye de Kadhafi.

Accrochez-vous car ce que proposait Kadhafi à son peuple, aucun pays Européen ne le fera JAMAIS.

La Libye de Kadhafi :

1- L’électricité à usage domestique est gratuite !

2- L’eau à usage domestique est gratuite !

3- Le prix d’un litre d’essence est de 0,08 EUROS !

4- Le coût de la vie en Libye est beaucoup moins élevé que celui qui prévaut en France. Par exemple, le prix d’une demi baguette de pain en France est d’environ 0,60 Euros , tandis qu’en Libye il est de 0,11 Euros !

5- Les banques libyennes accordent des prêts sans intérêts !

6- Les citoyens n’ont pas d’impôts à payer, et la TVA n’existe pas !

7- La Libye est le dernier pays dans la liste des pays endetté ! La dette publique est à 3,3% du PIB ! En France, elle est à 84,5% ! Aux US, 88,9% ! Aux Japon à 225,8% !

8 – Le prix pour l’achat d’une voiture (Chevrolet, Toyota, Nissan, Mitsubishi, Peugeot, Renault…) est au prix d’usine (voitures importées du Japon, Corée du sud, Chine, Etats-Unis…) !

9- Pour chaque étudiant voulant faire ses études à l’étranger, le « gouvernement » attribue une bourse de 1 627,11 Euros par mois !

10- Tout étudiant diplômé reçoit le salaire moyen de la profession du cursus choisi s’il ne trouve pas d’emploi !

11- Lorsqu’un couple se marie, l’ »Etat » paie le premier appartement ou maison (150 mètres carrés) !

12- Chaque famille libyenne, sur présentation du livret de famille, reçoit une aide de 300 EUROS par mois !

13- Il existe des endroits nommés « Jamaiya », où on vend à moitié prix les produits d’alimentation pour toute famille nombreuse, sur présentation du livret de famille !

14- Pour tout employé dans la fonction publique, en cas de mobilité nécessaire à travers la Libye, l’ « Etat » fournit une voiture et une maison gratuitement. Et quelque temps après, ces biens sont à lui.

15- Dans le service public, même si la personne s’absente un ou deux jours, pas de déduction de ces jours sur son salaire, et pas de justificatif de maladie.

16- Tout(e) citoyen(ne) libyen(ne) n’ayant pas de logement peut s’inscrire auprès d’un organisme d’ « Etat », et il lui en sera attribué un sans qu’il ou elle n’avance aucuns frais, et sans crédit. Le droit au logement est fondamental, en Libye. Et un logement doit appartenir à celui qui l’occupe.

17- Tout citoyen libyen souhaitant faire des travaux dans sa maison peut s’inscrire auprès d’un organisme d’ « Etat », et ces travaux seront effectués gratuitement par des entreprises de travaux publics choisies par l’ « Etat ».

18- Le souci de l’égalité entre hommes et femmes prévaut, et les femmes ont accès à des fonctions importantes et à des postes de responsabilité.

19- Chaque citoyen(ne) libyen(ne) peut s’investir activement dans la vie politique et dans la gestion des affaires publiques, aux niveaux local, régional et national, dans le cadre d’un système de démocratie directe (cela va des Congrès populaires de base, permanents, jusqu’au Congrès général du peuple, le grand congrès national qui se réunit une fois par an) : sur 3,5 Millions d’adultes, 600 000 citoyens participent activement à la vie politique !

20- La Libye est la première réserve pétrolière d’Afrique !

21- La Libye contient 1800 km de côtes sur la méditerranée et a un des taux d’ensoleillement les plus élevé au monde !

22- Les soins médicaux sont gratuits !

23- L’éducation secondaire et universitaire sont gratuites. Le taux d’alphabétisation est supérieur à 90% !

24- Il y a des subventions sur toutes les denrées alimentaires de bases (ex : un kg de pâtes acheté 1€ à un producteur tunisien, le gouvernement libyen le revend 0,50€ aux Libyens) !

25- La Libye participe ardemment au développement de l’Afrique, à son indépendance vis-à-vis des occidentaux et leur système monétaire dictatorial. C’est plus de 60 milliards de dollars que l’état libyen était prêt à investir dans 25 pays d’Afrique et donner du travail à des millions d’Africains.

26- La Libye est le 6 ou 7ème fond souverain financier dans le monde !
(Les réserves fiduciaires sont supérieures à celle de la Russie, par exemple !).

Si cela c’est de la dictature je signe maintenant, car aucun dictateur ne ferait ces genres de choses, les libyens vivaient bien mieux que les européens avant cette guerre, les merdias vous ont menti pour la guerre en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Ukraine, et en Syrie !!!

Maintenant, regardons à la Libye après l’intervention du sinistre BHL et de ses amis de NATO :

La Libye semble en passe de devenir la prochaine Somalie avec la plus grande partie du pays déjà dominée par des milices armées tribales. Comme ce fut le cas en Somalie, la Libye est en cours de partition, étant donné que la région Cyrénaïque riche en pétrole de l’ouest du pays a de facto déclaré son indépendance.

Tripoli, la capitale de la Libye, semble en passe de devenir ce qu’était Mogadishu, la capitale de la Somalie, il y a 20 ans, avec l’installation dans la ville de diverses milices bien armées venant de l’extérieur qui se battent pour prendre des territoires et tout ce que le pouvoir procure.

Le seul vrai gouvernement national moderne que la Libye ait jamais connu a été celui de Kadhafi exactement comme le seul gouvernement moderne que la Somalie ait connu a été celui de Siad Barre.

Les deux pays sont le fruit du colonialisme italien et faisaient partie de l’empire colonial italien en Afrique. Aucun des deux n’a d’unité historique. Avant le colonialisme italien, la Libye était constituée de deux villes état et de nombreuses tribus presque toutes nomades.

Avant le colonialisme italien, il semble qu’il n’y ait jamais eu de roi en Somalie ; la Somalie semble plutôt avoir été le pays des Somaliens, gouverné par des conseils tribaux, des grands chefs et des conseils de grands chefs.

Ce ne sont pas les peuples qui ont créé la structure dans laquelle ils se sont retrouvés, bien au contraire. Cependant les deux pays s’en sont bien sorti pendant tout un temps, même s’il est difficile de le croire en ce qui concerne la Somalie.

En 2011 la Libye a été détruite par un bombardement aérien presque sans précédent, plus de 10 000 sorties aériennes au cours desquelles environ 40 000 bombes et missiles ont été larguées sur le pays en 8 mois à peu près. 40 000 bombes ! Si on compte deux personnes tuées par bombe cela fait environ 80 000 Libyens tués par l’OTAN en 2011, non ? Et tout ça sur une population de seulement 6 millions…

A l’échelle de la Grande Bretagne, cela équivaudrait à presque 100 000 sorties, environ 400 000 bombes et 800 000 morts anglais. 800 000 Anglais tués en 8 mois, cela vous donne une idée de l’ampleur de la violence déployée par l’OTAN pour détruire la Libye.

Aujourd’hui la Libye exporte plus de 90 % de sa production de pétrole et de gaz d’avant la guerre, environ 2 millions de barils par jour du meilleur pétrole de la planète. Où vont les presque 200 millions de dollars par jour, 6 milliards par mois, plus de 70 milliards à la fin de 2012, demeure globalement un mystère.

Le parrain issu d’Al Qaeda des rebelles libyens qui a fait le nettoyage après les bombardements de l’OTAN est l’infâme Belhaj, l’ancien commandant d’Al Queda en Irak et un capo d’Al Queda en Afrique du nord. Aujourd’hui il dirige la milice la plus large et la plus efficace de Tripoli. Derrière lui on trouve des milices tribales de tailles et de compétences différentes, dont les milices Zintan qui détiennent actuellement Saif al Islam Kadhafi.

Au milieu de tout ça et bénéficiant d’une paix fragile avec les milices, il y a le Conseil National de Transition dirigé par d’anciens lieutenants de Kadhafi.

Les élections organisées par un gouvernement installé par l’OTAN ne sont qu’une comédie destinée à procurer un semblant de légitimité au régime actuel dont le rôle est de percevoir la part de la Libye sur les 70 milliards par an du pétrole ainsi que les 100 milliards et plus de la richesse souveraine de la Libye déposée dans les banques occidentales.

En face de Belhaj et du CNT et de ses ramifications, on trouve ce qui porte le nom de Résistance Verte, ce que les médias internationaux appellent « les loyalistes pro-Kadhafi ». Ils regroupent un grande partie de la plus grande tribu libyenne, les Warfalla, dont la mère de Saif al Islam est issue, et semblent être en train de constituer, lentement mais sûrement, une sorte de force défensive pour protéger leurs communautés des seigneurs de guerre et de leurs milices.

Belhaj a été autrefois enfermé dans un donjon libyen et torturé par la volonté de ceux qui sont maintenant les capos du CNT, grâce au programme d’extradition de la CIA, et il n’a été mis fin à la torture et aux mauvais traitements qu’il subissait que lorsque Saif al Islam Kadhafi a convaincu son père de lui pardonner ainsi qu’à ses acolytes en échange d’une promesse de coexistence pacifique qu’il n’a pas tenue longtemps.

D’après ce qu’on sait, Belhaj manifeste une sorte de bienveillance à Saif al Islam, ce qui pourrait expliquer pourquoi Kadhafi junior reste aux mains des alliés de Belhaj à Zintan, hors d’atteinte du CNT et de la Cour Criminelle Internationale.

Il est fort probable que Belhaj ait très envie d’arracher le contrôle des milliards du pétrole au régime soutenu par l’OTAN tout autant que d’en finir avec ses anciens bourreaux qui dirigent maintenant le CNT à Benghazi (quand ils ne sont pas à l’étranger).

Pour ce faire, Belhaj pourrait très bien conclure un cessez le feu avec la Résistance Verte qui aimerait aussi se débarrasser des marionnettes de l’OTAN. Une fois le CNT éliminé, il y aura peut-être même un accord entre Belhaj et Saif al Islam pour essayer de mettre fin à la destruction du pays ?

Ce ne sont peut-être que des plans sur la comète qui, en outre, dépendent du fait que l’OTAN ne vienne pas au secours du CNT, ce qui explique peut-être la patience dont font preuve Belhaj et ses alliés.

Qui sait ?

La réalité dépasse parfois la fiction, et les hypothèses d’aujourd’hui peuvent se réaliser demain.

Mais en attendant, l’histoire semble bien aller dans le sens de la transformation de la Libye en une nouvelle Somalie.

Merci qui ?

Merci à BHL, aux Merdias et à Sarko….

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Source

Les snipers à Kiev ont été enrôlés par les dirigeants de l’EuroMaïdan

Estonian Foreign Minister Umas Paet in Jerusalem meets Israeli Foreign Minister Avigdor Lieberman

 

L’enregistrement d’une conversation entre la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton et le ministre des Affaires étrangères d’Estonie Urmas Paet a été publié sur Internet.

Le verbatim a été obtenu par le Service de sécurité d’Ukraine.

Les deux diplomates européens faisaient part de leurs impressions sur la situation en Ukraine. Urmas Paet mentionne que les snipers ayant tiré sur les gens à Kiev ont été enrôlés par les dirigeants de l’EuroMaïdan. Il raconte que toutes les preuves qu’il a vues témoignent que les mêmes snipers avaient tiré sur les manifestants et les membres des organes sécuritaires.

« Il devient plus clair que derrière ces snipers il y a quelqu’un de la coalition nouvelle et non pas Ianoukovitch », a-t-il raconté.

Source

L’histoire cachée des FEMEN

Cette enquête, qui aurait pu s’appeler « le poids des mots, le choc des photos » raconte l’histoire des FEMEN à la lumière de leurs alliances politiques et de leurs nombreux dérapages, souvent passés sous silence. Une gageure.

Communistes et rouge-bruns, les premiers alliés

Cette première partie est consacrée à FEMEN…avant FEMEN.

Les politologues ukrainiens considèrent unanimement FEMEN comme un projet « politico-commercial » et ne se sont jamais véritablement penchés sur le sujet. A force d’incohérences, le mouvement « caméléon » a lassé leur pays, avant d’être fatalement discrédité.

En France, il a su rebondir, bénéficiant de soutiens jusqu’au Parti de gauche.

De leur côté, les médias nous ont inondés du story-telling « femeniste ». Jusqu’à ce qu’éclate le scandale de la Biennale de Venise, qui révéla la personnalité machiste de Viktor Sviatski, qui a longtemps dirigé FEMEN au côté d’Anna Hutsol. L’image du mouvement s’est brouillée. Son étoile a pâli. Un contre-récit s’imposait.

Les photos exclusives que je révèle rendent le propos difficilement contestable :

Né dans le creuset communiste et antifasciste ukrainien, FEMEN ne s’en est pas moins associé, de façon répétée, à des mouvements réactionnaires, voire ultranationalistes. Avant de se réfugier en France, grâce à la bienveillance d’une certaine mouvancenéoconservatrice. Démonstration.

En Ukraine s’opposent depuis longtemps, sans besoin d’être caricatural, deux camps. L’Est du pays, russophile et « antifasciste », incarné par l’alliance d’une partie de la droite avec le Parti communiste. Et l’Ouest du pays : nationaliste et occidentaliste. Les figures de cette dernière tendance nous sont bien connues : Viktor IoutchenkoIoulia Timochenko… Or, il y a quelques années de cela, on a vu les fondateurs des FEMEN passer brusquement d’un camp à un autre. Un revirement qui signe l’imposture. Ce qui a valu aux FEMEN d’être qualifiées de « political technology » par les spécialistes ukrainiens. Dans cette première partie, je m’attellerai donc à une histoire des alliances politiques des FEMEN et par la même occasion à une généalogie de leur positionnement xénophobe.

FEMEN, une « Political technology » ?

Political technology, kesako ? Il s’agit de la manipulation politique poussée à son extrême. Les outils pour ce faire nous sont familiers : storytelling, désinformation, « triangulation »… Mais l’usage étendu et intensif qui en est fait dans les pays d’ex-URSS, où il s’agit d’une véritable petite industrie, nous est inconnu. Dans la plupart des cas, il s’agit de manœuvres d’un pouvoir autoritaire pour se maintenir en place, via la tromperie.

FEMEN est depuis longtemps considéré comme prestataire de ce type de service. Mais dans leur cas, elles auraient fait évoluer leurs positions au gré des médias et de leurs soutiens financiers/politiques du moment. Il serait donc faux d’affirmer que FEMEN aurait été créé par un marionnettiste dont elles auraient défendu les intérêts tout le long. Elles ont avant tout défendu les leurs. Néanmoins, nous révélerons quelques accointances politiques/financières jamais mentionnées jusque-là, à même d’éclairer d’un jour nouveau certaines de leurs prises de positions.

[Un exemple de political technology présumé : la mise sur orbite, il y a quelques années, par des médias proches du président Ianoukovitch d’un de ses opposants politiques, VitaliKlitschko. Une ex-vedette sportive que rien ne prédestinait à la politique. Diviser pour régner…]

FEMEN avant FEMEN : dans le giron du Parti communiste et du camp russophile

La figure FEMEN la plus connue du public français est Inna Shevchenko. Mais la véritable chef des FEMEN est Anna Hutsol, en duo avec son vieux camarade Viktor Sviatski. Présenté comme un « publicitaire », ce dernier est surtout un professionnel de la politique.

Le livre autobiographique FEMEN (qui sera mentionnée dans la suite de cette article par « cf. FEMEN« ), rapporte la rencontre d’Hutsol avec Sviatski au début des années 2000, au sein d’un « cercle de rue marxiste » dont il est le « mentor », à Khmelnytsky.

Oksana Chatchko (co-fondatrice FEMEN) avec les jeunesses communistes (Khmelnytsky)

Partis du Komsomol, Hutsol et Sviatski partent fonder de leur côté deux mouvements étudiants, fin 2005 : le Centre de perspectives de la jeunesse (un syndicat) et Nouvelle Ethique (organisme de femmes préfigurant FEMEN). Ils sont lancés de façon opportune sous les auspices d’Olga Ivanovna Ugrak, qui est alors la candidate du Parti communiste aux élections municipales. C’est elle qui héberge le Centre de perspectives. Quant à Nouvelle éthique, c’est chez Sviatski qu’elle trouve refuge (cf. autobiographie FEMEN). La création de ces organismes permettent vraisemblablement à la communiste de rajeunir l’image du Parti et d’élargir le soutien groupusculaire qu’aurait constitué les jeunesses communistes. Anna Hutsol sera directement partie prenante de la campagne de la communiste (cf. FEMEN).

Au centre et côte à côté, la communiste Olga Ivanovna et Viktor Sviatski . A gauche Anna Hutsol. Soirée de nouvel an du Centre de perspectives de la jeunesse

Cette campagne municipale marque un tournant : Sviatski et Hutsol arrêtent la politique « sérieuse », illustrée par leur passage au sein des jeunesses communistes, pour faire de la politique un commerce (médiatique).

Au service d’un parti « rouge-brun »

Après l’issue désastreuse de la campagne du Parti communiste (3% des voix), il faut se trouver un nouvel allié pour Hutsol et ses amis. Ce sera le tout nouveau mais bien pourvu « Grande Ukraine« . Les dirigeants du Centre de perspectives (http://translate.googleusercontent….;;rurl=tr…Sviatski,Golenshin,Alexandrovih) deviennent des cadres du parti et Nouvelle éthique un satellite. Grande Ukraine est dirigé par l’énigmatique Igor Berkut. Ex-espion autoproclamé, ce millionnaire est un ancien propriétaire de banques au Kazakhstan et en Russie. Il passe lui aussi pour un « mercenaire » de la politique et son parti se voit accuser de relever de la « political technology ». Il a signé un livre relayant les thèses de son « frère » Poutine.

De gauche à droite : Drapeaux Grande Ukraine, Viktor Sviatski (Centre de perspectives/Grande Ukraine), Sasha Shevchenko (qui dirige alors Nouvelle éthique, future co-fondatrice des FEMEN), Igor Berkut (Grande Ukraine) 10/2007

Viktor Sviatski à des manifestation de Grande Ukraine, dont il est alors un cadre (2008)

Grande Ukraine, parti « social-patriotique » vaguement de gauche, appartient donc à l’instar du Parti communiste au camp pro-russe. Son soutien extensif à la peine de mort lui vaut d’être médiatisé et ses préconisations anti-immigrés comprennent le positionnement à la frontière de clubs militaro-patriotiques, un certain intérêt sur les forums d’extrême-droite. En 2010, il se déclarera – très sérieusement – en faveur d’une « bonne dictature démocratique ».

C’est vraisemblablement à son contact qu’Hutsol et Sviatski découvrent le business des « political technology ». On verra ainsi Sviatski et Grande Ukraine organiser, de façon étrange pour des syndicalistes étudiants, une action en défense des intérêts…viticulteurs.

Durant ces années, de 2006 à 2008, le mouvement de femmes « Nouvelle éthique » expérimente de son côté les coups d’éclats médiatiques à base de flashmobs.

Exemple en avril 2008, avec un lâcher de ballons. Sasha Shevchenko témoigne alors :

« Nous étions sur Internet, à la recherche de quelque chose d’intéressant et sommes accidentellement tombés sur la Journée de la femme ».

Les prémisses des FEMEN sont posées.

Avant de passer à la naissance en tant que tel de FEMEN (ici), il est intéressant de révéler une dernière photo, tant elle illustre d’où le mouvement est issu et combien la présentation qui est généralement faite des FEMEN comme de l’enfant naturel de la Révolution Orange (présentée comme pro-occidentale et donc faisant partie du « camp du bien ») est erronée. Elle montre Anna Hutsol en juin 2008, posant fièrement à une rassemblement anti-OTAN organisé par le Parti socialiste progressiste , organisation orthodoxe « panslave » (pour une intégration Russie/Biélorussie/Ukraine).

Banderole anti-OTAN et anti-Bandera (figure historique « controversée » du nationalisme ukrainien)

Immigration, peine de mort, alliés néofascistes…

Cette deuxième partie est consacrée à la naissance et au développement de FEMEN. Leurs alliances, leurs soutiens, leur positionnement…

Dans un contexte politique ukrainien aussi tendu que confus, les FEMEN se livreront à toutes les alliances et amitiés. Jusqu’à faire héberger leur site internet par un ancien leader skinhead (ci-dessus) ou manifester avec le parti d’extrême-droite Svoboda.

Débuts FEMEN : xénophobie et néo-atlantisme

Quand FEMEN est lancé sur Kiev, au printemps 2008, André Kolomiets (« Andrew Kolomyjec »), un des cadres de Grande Ukraine (mouvement rouge-brun sont issues les FEMEN, cf. première partie) rentre rapidement à son Conseil d’Administration. Il sera l’un des « soutiens financiers les plus constants » des activistes. « Pour s’assurer de leur indépendance », dit-il très sérieusement… ajoutant que le mouvement « n’était jamais tombé dans le racisme ». A voire…Mickael Orlyuk, autre cadre du parti, est lui de toutes les manifestations FEMEN.

Un certain nombre de thèses défendus par Grande Ukraine sont repris à leur compte par les FEMEN. Sur l’immigration : la dispense de visas pour les Européens visitant l’Ukraine étant une catastrophe, il faut fermer les frontières. Grande Ukraine dénonce les « centaines de milliers d’immigrants clandestins [qui] nous menacent ». FEMEN s’opposant de son côté, grippe aviaire aidant , « à l’entrée des étrangers dans notre pays. ». De la xénophobie ? « Peut-être » répond Anna Hutsol. A l’instar de Grande Ukraine, FEMEN est favorable à lapeine de mortpour les « sadiques ».

Enfin, il y a les Turcs, avec lesquels Igor Berkut (dirigeant de Grande Ukraine) considère qu’une guerre est inévitable . Les FEMEN de leur côté en ont longtemps fait un ennemi prioritaire, au nom de la lutte contre le tourisme sexuel.

Une des toutes premières actions FEMEN s’est d’ailleurs déroulée devant l’ambassade de Turquie.

Drapeau ukrainien au vent…

…et feintant le lynchage d’un touriste turc. (En arrière-plan Anna Hutsol)

En 2010, à l’occasion d’un match de foot opposant le Karpaty (Lviv) au Galatasaray (Istanbul) les FEMEN feront une campagne remarquée pour que l’on interdise d’entrée la « horde » des « machos » turcs.

Photo blog FEMEN

Ce qu’il convient d’appeler de la xénophobie prit même un accent anti-juif. En 2009, les FEMEN avaient accusé (avant de se rétracter), les juifs orthodoxes faisant un pèlerinage annuel de représenter une menace pour la sécurité des filles ukrainiennes et de mépriser l’Ukraine :

« L’Ukraine est célèbre pour son hospitalité…Mais toute tentative de saper notre culture devrait être combattue…. [Il faut] éviter que les Ukrainiens deviennent otages dans leur propre pays »

Issues de la mouvance communiste, les FEMEN multiplieront bientôt les clins d’œil au camp occidentaliste.

Le manifeste dont elles se dotent évoque ainsi parmi ses objectifs : « construire une image nationale de la féminité, de la maternité et de la beauté basée sur l’expérience du mouvement des femmes euro-atlantique ». L’expression « euro-atlantique » est loin d’être neutre dans le contexte ukrainien et appartient aux partisans de l’OTAN et de l’UE. Brouillage de pistes. Et façon de ménager certains sponsors. En 2007, Anna Hutsol fut en effet invitée aux Etats-Unis par un organisme dépendant du Congrès américain, l’Open World Leadership Institute , dont elle est qualifiée d’alumna (« élève »).

Par ailleurs, les FEMEN n’ont jamais caché le soutien reçu (jusqu’en 2011) de Jed Sunden , magnat des médias ukrainiens d’origine américaine.

Néofascistes, intégristes, activistes violents…des alliés encombrants

En 2010, FEMEN élargit son champ d’action. Et après le Parti communiste et Grande Ukraine fait place à de nouveaux alliés. Nationalistes et franchement ancrés à droite, ils sont solidaires des FEMEN. Au nom de la lutte contre la « dictature » des Ianoukovitch, Poutine et autres Loukachenko (Biélorussie)…Le groupe se coupe définitivement de ses racines idéologiques, renvoyant dos à dos fascisme et communisme et diffusant une propagande antirusse caricaturale.

De gauche à droite : Poutine (Président russe), Ianoukovitch et Azarov (Président et 1er ministre), Cyrille (Patriarche orthodoxe de Russie)

Voilà les organisations et quelques-unes des personnalités radicales dont se rapprochent alors les FEMEN.

  • La « Coalitions des partis de la révolution orange ». Organisation nationaliste, mais surtout « projet commercial imitant la société civile, menant des actions de rue rémunérées », selon le chercheur Pavel Klymenko, contacté.
  • La Confraternité de Saint Luc. Un groupuscule actionniste d’extrême-droite, qui s’est fait connaître pour avoir profané un monument en mémoire des combattants soviétiques ayant lutté contre le nazisme.

Yaroslava Pougacheva, une des responsables de la Confraternité, tête de fil d’une manifestation FEMEN (03/2012)

Inna et Sasha Shevchenko tenant par la main Darya Stepanenko, autre figure médiatisée de la Confraternité (05/2012)

La Confraternité de Saint-Luc est un mouvement identitaire se battant pour une « révolution orthodoxe mondiale » (cf entretien accordé au média néofasciste molotoff.info). Tout comme le parti dont elle est une émanation, Bratstvo (« Fraternité »), qui diffuse ce genre de propagande sur Facebook.

Une amitié surprenante pour celles qui ont drapé leur islamophobie derrière le féminisme et l’athéisme militant.

  • Les FEMEN se sont également affichées au côté du « Comité Noir », petit mouvement d’extrême-droite présent dans toute l’Ukraine. Certains de ses militants les plus exaltés ont été condamnés pour avoir mis le feu à une résidence d’étudiants africains et attaqué un centre social juif.

De gauche à droite : L’ultra-droitière Anna Sinkova (chef de la Confraternité de Saint-Luc), Sasha Shevchenko, Anna Hutsol, une militante FEMEN et Bogdan Titsky (chef du Comité Noir) – A la sortie d’un interrogatoire de police (08/2013)

« Vive la Biélorussie indépendante . Vive l’Ukraine libre », « Non à la terreur rouge »

  • Également présent ce jour là Viktor Sviatski, et l’organisation ultra-nationaliste et antisémite UNA-UNSO

Le drapeau rouge et noir de l’ UNA-UNSO flottant au dessus d’Inna et Sasha Shevchenko. Viktor Sviatski veillant au grain, en arrière-plan.

Non loin d’Inna et Sasha Shevchenko, une figure skinhead, Edouard Iholnikov

Pas un inconnu. Un mois plus tôt (mai 2011), il fut impliqué dans l’attaque d’une cérémonie en mémoire de la victoire sur le nazisme …Une agression dont il sera question jusqu’en France.

En outre, Iholnikov est un des chefs de file jeunesse de Svoboda à Kiev.

Un an plutôt (juin 2010), Iholnikov et Sasha Shevchenko s’étaient déjà retrouver à l’occasion d’une manifestation. Au nom de la lutte contre la « censure ».

Iholnikov effectuant le signe de ralliement de Svoboda. Shevchenko celui de FEMEN.

Les liens sont parfois plus personnels entre l’extrême-droite et FEMEN. En 2012, le site FEMEN fut ainsi hébergé sur le site de leur « ami bloggeur voland14 ». Voland14, pseudonyme de Sergey Didkovsky. Côté pile Didkovsky est un « spindoctor » et éditorialiste dans Playboy (!). Côté face, blogger néonazi (14, une référence hitlérienne transparente ) ; païen ; et chroniqueur médiatique évoquant les « Européens de souche que l’on mène à l’abatage ».

Celui qui diffuse aujourd’hui des vidéos sur « Eurabia » fut un animateur de la scène néonazie ukrainienne dans les années 2000 (sous les pseudonymes, justement de voland14 ou voland ratybor)…Sur la photo suivante, il s’illustre parmi les supporters de foot du club de Lviv, avec son « Parti national-travailliste d’Ukraine »…Foot et racisme : on se souvient de la campagne menée par les FEMEN contre l’entrée des supporters turcs à l’occasion d’un match…contre Lviv, précisément.

Les FEMEN diffusent à l’occasion la prose de Didkovsky/Voland14. Comme le texte raciste « FEMEN et les envieux », qui évoque la « dégradation du patrimoine génétique ukrainien ». Un texte dont nous avons fait une sauvegarde.

Didkovsky est donc un « ami blogger », hébergeur et certainement, selon nos informations, un partenaire « commercial » des FEMEN…mais son rôle exact reste à préciser. Il est en tout cas un soutien de la première heure, et fait partie du « premier cercle » de l’organisation. Sur le réseau social le plus populaire en Ukraine et très prisé par les FEMEN, vk.com, Didkovsky ne cache pas ses accointances avec l’ultra-droite (cf une capture parmi d’autres). De même que son blog, vers lequel les FEMEN renvoient.

De gauche à droite : « Voland14 », « Sergey Didkovsky » et « Voland Ratybor » parmi les hooligans

Didkovsky a bien hébergé l’accueil du site FEMEN…et sur son propre espace

Le site WaybackMachine permet de consulter l’archive d’un site.

Lorsque l’on veut consulter l’archive de la page d’accueil du site des FEMEN, on est renvoyé vers le site de Didkovsky (pour la période du 1/02/ au 16/06/2012)

Enfin, au sein même de l’équipe FEMEN, on note la présence de proches de la mouvance nationaliste radicale :

  • Yaroslav Yatsenko, leur avocat historique, s’affiche sur son blog comme un supporterde Roman Choukhevytch, et affiche sur Facebook un intérêt exclusif pour le parti d’extrême-droite Svoboda.
  • Courant 2012, Maria Popova, directement issue d’une organisation ultra, devenait l’attachée de presse du mouvement.

« Rien ne peut justifier la coopération avec la droite radicale »

Les alliances sulfureuses des FEMEN témoignent de la confusion à l’œuvre dans la société et la politique ukrainienne. La lutte contre l’influence russe, qui étouffe depuis des décennies l’émergence d’une nation ukrainienne souveraine, légitime de toute part l’alliance avec un parti d’extrême-droite directement issu du néonazisme (Svoboda fut longtemps appelé « Parti social national d’Ukraine ») et la réhabilitation de mouvements nationalistes ayant collaboré avec le nazisme.

Néanmoins, cette stratégie d’alliance ne fait pas l’unanimité. Que ce soit au sein de la communauté juive, de la mouvance antifasciste et libertaire ou encore parmi les intellectuels (politologues, historiens…). Interrogé par nos soins, le chercheur Anton Shekhovtsov déclare ainsi :

I don’t think that anything legitimises cooperation with the radical right, and I signed a letter urging the mainstream politicians to stop cooperating with the radical right-wing Svoboda party –

http://www.day.kiev.ua/uk/article/d…

Unfortunately, many mainstream politicians and activists in Ukraine do not understand the danger of alliances with the radical right. Sometimes, it does seem like a necessary evil, but – in the long-term perspective – all these alliances are really harmful to Ukraine’s democratic development.

=> FEMEN déclarait dès 2009 vouloir devenir un phénomène européen. La France sera la base arrière de ce développement. Pour se faire, quelles furent leurs alliances ? Leurs relais politiques ? Leur inspiration « idéologique » ? C’est ce que nous tenterons d’établir dans une dernière partie.

[Merci aux chercheurs qui m’ont éclairé sur la question. Ils ne peuvent bien sûr être tenus pour responsable du contenu de cet article. Thank you : Pavel Klymenko, Anton Shekhovtsov, Ann-Sofie Dekeyser, Alexander Wolodarsky…]

Islamophobie et réseaux néoconservateurs

Cette dernière partie est consacrée à l’internationalisation des FEMEN

Dès 2009, les FEMEN entendent devenir le premier mouvement féministe européen. Elles en sont loin. Néanmoins, elles ont réussi à faire parler d’elles au niveau mondial (à la Biennale de Venise par exemple). En France, elles ont été reçues avec les honneurs (2012) et inspireront même le nouveau timbre Marianne (2013).

Leur libertarisme de façade associé à des positions géopolitiques (objectivement) atlantistes et islamophobes, leur ont néanmoins permis de s’attirer de solides soutiens au sein d’une partie de nos élites, à défaut de faire l’unanimité dans le reste de la population. Signe de l’opportunisme de l’organisme, en s’implantant en France, il abandonnera ses positions les plus réactionnaires (restriction de l’immigration, rétablissement de la peine de mort), au profit d’un combat facile contre l’Islam et l’Église, ou encore en faveur du mariage gay. Une thématique qu’elles n’avaient jamais traitées dans leur pays d’origine, allant jusqu’à pactiser avec des ultraconservateurs, comme démontré dans une première partie.

Caroline Fourest, ange-gardien

Au sein de la gauche française, FEMEN a su s’attirer des soutiens auprès des Verts, du Parti de Gauche mais aussi du PS. Il faut dire qu’en s’installant à Paris, elles ont fait de l’extrême-droite catholique un adversaire médiatique.

Pourtant, c’est sur fond d’islamophobie qu’elles ont en commun avec ces intégristes qu’elles susciteront leurs plus solides soutiens. En particulier dans la mouvance pro-américaine. Figure de ce courant, Caroline Fourest, véritable ange-gardien. Au carrefour des milieux associatifs, journalistiques et politiques, c’est un allié de poids.

L’avocat des FEMEN ? C’est le même que celui de la journaliste (Patrick Klugman, figure du Parti Socialiste parisien, membre de la revue La Règle du Jeu). Quand Inna Shevchenko obtenait en 2012 le statut de réfugié politique, c’est notamment grâce à la journaliste et un de ses soutiens dans la mouvance diplomatique : Pascal Brice.

Pour cet atlantiste en diable qui dirige l’organisme en charge du droit d’asile (OFPRA), celui (d’asile) offert en un temps record à l’Ukrainienne, constitue « un grand motif de fierté ». C’est ce qu’il déclarait dans une émission de radio de…Caroline Fourest qui lui était consacrée (France Inter, « Ils changent le monde »).

Un an plus tôt, c’est un autre membre du « réseau Fourest », le très néoconservateur François Zimeray, ex-Ambassadeur des droits de l’homme, qui se montrait particulièrement bienveillant envers Shevchenko. Ce n’est pas tout, la parution d’un ouvrage d’entretien entre la militante et la journaliste est imminente (à l’heure actuelle, il s’agit du livre Inna de Caroline Fourest). Il ne s’agit pas d’un coup d’essai. Dès 2012, France 2 diffusait un documentaire de Fourest à la gloire du mouvement. L’experte reconnue de l’extrême-droite française s’y montrait complaisante vis-à-vis de son alter ego ukrainienne.

Dans le documentaire, il est en effet question, avec empathie, d’une « réunion de l’opposition » contre les résultats d’une « élection législative jouée d’avance ». On aperçoit alors distinctement dans la foule les drapeaux bleu et jaune du parti d’extrême-droite Svoboda. Il s’avère qu’à la tribune ce jour-là se trouvait aussi le leader de l’extrême-droite ukrainienne Oleh Tyahnybok, celui-là même qui dénonçait dans les années 2000 la « racaille juive ».

Contre-champ : Oleh Tyahnybok à la tribune de la réunion de « l’opposition »

Le journal Charlie Hebdo, dont est issue Caroline Fourest, est un des grands relais militants des FEMEN au sein de la gauche.

L’occasion de rappeler que Charlie Hebdo est depuis plus de dix ans un allié plus ou moins constant des intérêts néoconservateurs. De Philippe Val à Charb.

A gauche : Mohamed Sifaoui, Philippe Val, Caroline Fourest et un Danois, le très néoconservateur Flemming Rose (2006) A droite : Elisabeth Lévy, fondatrice du mensuel pro-israélien (et propriété d’un « magnat » d’extrême-droite) Causeur avec Charb (Photo Causeur, 2012)

La revue La Règle du Jeu, dirigée par Bernard-Henri Lévy (administrateur de la maison Grasset et par là même éditeur de Caroline Fourest, il incarne, à l’instar de la journaliste, une « gauche » anti-totalitaire et pro-israélienne), a été à la pointe dans la défense du mouvement.

Enfin, l’association « FEMEN France » a elle-même été fondée par celle qui est encore proche de Caroline Fourest, Safia Lebdi. Elle est issue de Ni Putes Ni Soumises, à qui l’on doit l’introduction dans le débat français de l’expression « fascisme vert ». Elle finira par claquer la porte. Trop indépendante pour subir le diktat de la direction ukrainienne. D’autres militantes rejoignent le mouvement. Moins formées politiquement aux idées parfois troubles.

« Nous ne sommes pas dans un Etat islamique »

« C’est bien qu’ils brûlent leur ville, ça nous évite d’avoir à le faire. Nous ne sommes pas dans un état islamique […] Ces personnes n’aiment pas leur pays, ces personnes ne sont pas patriotes, ces personnes ne respectent pas la république. Ils usent de certaines de nos lois libertaires pour nous entrainer vers des conceptions liberticides qui demain leur permettrons de créer des lois répressives à l’égard de la république […]N’oublions pas que les extrêmes ne sont JAMAIS bénéfiques, et que même si un ras le bol générale laisse à penser pour certains que la solution serait de voter l’extrême aux prochaines élections, sachez que ce ne serait prendre le même chemin que ceux que nous critiquons […]si chaque citoyen arrête de tourner la tête, de baisser les yeux au nom du syndrome colonial, nous avons une chance d’arriver à vivre ensemble… »

Quand Inna Shevchenko plagie un auteur ultrasioniste

Un dérapage logique. Le discours officiel lui-même se « décomplexe ». Anna Hutsol utilisant l’expression « mentalité arabe » comme synonyme de « mentalité patriarcale ». Sasha Shevchenko comparant le voile…à un camp de concentration. Et Inna Shevchenko donnant dans un néoconservatisme digne du bushisme triomphant. Face aux accusations d’islamophobie, elle écrit dans le Huffington Post :

« Nous sommes en guerre. Une guerre entre deux époques. Une guerre entre une mentalité rétrograde qui appartient au Moyen-Âge et une mentalité progressiste bien ancrée dans le 21ème siècle. Une guerre entre la liberté et l’oppression. Une guerre entre la démocratie et la dictature. Une guerre entre ceux qui traitent les femmes comme des chiens et celles qui crient ‘nous sommes des femmes, nous sommes des êtres humains !’. Une guerre entre ceux qui croient aux superstitions et ceux qui ont l’esprit clair. »

Une rhétorique calquée sur celle de Wafa Sultan, enfant chérie de l’extrême-droite pro-israélienne, depuis un fameux « dérapage » relayé par MEMRI :

« Le conflit auquel nous assistons n’est pas un conflit de religions ou de civilisations. C’est un conflit entre deux opposés, entre deux époques. C’est un conflit entre une mentalité qui appartient au Moyen-Âge et une autre qui appartient au 21ème siècle. C’est un conflit qui oppose la civilisation au retard, ce qui est civilisé à ce qui est primitif, la barbarie à la raison. C’est un conflit entre la liberté et l’oppression, entre la démocratie et la dictature. C’est un conflit entre les droits de l’Homme d’une part, la violation de ces droits de l’autre. C’est un conflit qui oppose ceux qui traitent les femmes comme des animaux à ceux qui les traitent comme des êtres humains..[…] Ce sont les musulmans qui ont déclenché le conflit des civilisations. »

A l’époque, le premier média français à avoir relayer la « VF » des propos de Sultan n’est autre que le site de la revue de…Caroline Fourest. Le plagiat d’Inna Shevchenko a quant à lui été publié par le Huffington Post, plateforme qu’elle partage avec une certaine …Fourest Caroline.

Wafa Sultan et la bloggueuse pro-israélienne d’extrême-droite Pamela Geller / Sultan et deux collaborateurs de C.Fourest : Irshad Manji et Mohamed Sifaoui / Sultan et Geert Wilders

Au sujet d’Israël, justement , la position des FEMEN ? Une forme de complaisance paradoxale. Les FEMEN ont fait de l’ouverture d’une branche à Tel-Aviv, qu’elles qualifient de « capitale démocratique européenne », un « rêve ». Il s’agirait pour elles d’une sorte de plateforme avancée pour atteindre le monde arabe. Pas de quoi calmer les accusations de « deux poids deux mesures ».

Relents colonialistes

Il y a les dérapages verbaux mais aussi les actes. FEMEN a multiplié les mises en scène ridiculisant les croyants musulmans. Il y eut la très médiatisée « Topless jihad day », organisée en solidarité avec la FEMEN tunisienne Amina Sboui. Et une protestation aux JO de Londres, contre l’autorisation faite à des athlètes voilées de concourir. La vidéo de cette dernière opération – orchestrée depuis Kiev, cf FEMEN – que nous avons retrouvée dans le « deep web », fut peu relayée, on comprendra pourquoi.

D’aucuns répondront que FEMEN s’attaque également à des symboles chrétiens. Certes. Mais quand par exemple elles attaquent le Vatican, c’est pour le dénoncer comme un « caillot » au sein de la « civilisation du progrès ». A savoir l’Occident. Autre preuve de la hiérarchisation des cultures et des religions à laquelle elles se livrent, leur volonté affichée de « pousser le monde civilisé à boycotter les pays qui pratiquent des traditions islamiques barbares » (cf. FEMEN). Une rhétorique empreinte de colonialisme.

Enfin, il faut noter qu’à la rentrée 2013 le double langage (qui consistait par exemple à proclamer « mort à la sharia » en russe… rien qu’en russe) craquait définitivement. L’islam en tant que tel étant désigné comme adversaire : « L’islam n’est pas source de vertu. L’islam est source de violence et d’oppression » (statut Facebook).

FEMEN de demain ?

A l’été 2013, Anna Hutsol et Viktor Sviatski demandaient l’asile politique…à la Suisse. La rentrée du groupe fut marquée par trois axes de lutte : la dénonciation de l’islam en tant que tel ; de la prostitution ; et enfin, comme sortie de nulle part, une défense de l’immigration (sur fond d’anti-frontisme). Il n’est pas sûr que celle-ci en demandait autant. FEMEN a d’ailleurs été catalyseur de nouveaux groupuscules d’extrême-droite, tels Hommen et Antigone.

Le manque de transparence du mouvement couplé à l’autoritarisme de ses dirigeants est un véritable frein à son expansion. Les branches Brésil et Belgique ont ainsi été dissoutes. Les membres historiques de FEMEN France ont quitté le mouvement.

Leurs positions islamophobes et occidentalistes leur ont assuré des soutiens. Mais celles-ci semblent aller à l’encontre des nouveaux rapports de force internationaux et d’un certain changement d’ambiance, avec par exemple une certaine banalisation des Frères Musulmans. En outre, l’année passée aura été marquée par un début de reconnaissance du phénomène islamophobe en tant que tel. Et c’est ainsi que Caroline Fourest et ses amies FEMEN ont eu plusieurs affrontements avec le groupe queer et antifa « Pink Bloc ». A tel point que la journaliste (et non, semble-t-il, l’ensemble des FEMEN, comme indiqué dans un premier temps), dût quitter précipitamment une manifestation de soutien au mariage pour tous, sous la pression d’activistes (cf. Inna, C. Fourest, Grasset). C’était fin 2012.

Un article paru en Belgique l’été dernier soulève la question d’une dérive sectaire. Quand par exemple la journaliste Ann-Sofie Dekeyser, infiltrée dans le mouvement, souligne la pression qu’elle a ressentie pour se faire tatouer, et la peur. Il s’agissait d’inscrire sur son corps le mot liberté en ukrainien…soit « Svoboda » (nom courant du parti d’extrême-droite).

Enfin, un repliement sur l’Ukraine semble exclu. Le tronçonnage d’une croix en aout 2012 y a achevé leur isolement.

En France, leurs provocations contre l’Eglise, à la veille d’élections municipales dont on sait combien elles sont empreintes d’électoralisme, a fragilisé leur position au sein du PS ; mais dans le même temps redonné du grain à moudre à leurs meilleurs ennemis : l’extrême-droite catholique. La susceptibilité de cette mouvance constitue peut-être un de leurs derniers espoirs pour ne pas retomber dans un certain oubli. La victimisation est en effet un des ressorts essentiels de leur développement.

Source

L’OTAN débarque des centaines de soldats à l’ouest de l’Ukraine

NATO-troops5

Des troupes de l’OTAN ont atterri dans la région de Lviv, en Ukraine occidentale. Il y aurait des centaines de soldats de l’OTAN dans l’ouest de l’Ukraine.

La Sixième flotte américaine, l’une des plus grande flotte du monde, se déplace vers la Crimée, et des troupes de l’OTAN ont débarqué en Ukraine occidentale

Ces informations proviennent directement du  député du peuple de l’Ukraine Oleg Tsarev. Selon lui,  un débarquement de soldats de l’OTAN se déroule à Lviv.  » Il faut préciser qu’en Mars a lieu un exercice programmé d’alliance Ukraine-Atlantique.

D’autre part, des soldats ukrainiens se déplacent aujourd’hui dans des navires de guerre américains.

Cette situation est critique. Pendant que l’on nous fait croire à des dialogues, à de la diplomatie, deux fronts se rapprochent.

Depuis plusieurs, notons la présence de chars polonais s’en promenant le long de sa frontière avec l’Ukraine. La Turquie est également présente en Crimée (OTAN) (agents de renseignements, force spéciale).

L’Occident s’affole et leurs dirigeants perdent leur sang-froid. Ce soir, Barack Obama dénonce une violation par Moscou du droit international, jugeant que la Russie est du « mauvais côté de l’hsitoire » en Ukraine.

Une nouvelle réunion de l’OTAN est prévue ce mardi. Avec les révélations D’Oleg, on comprend mieux pourquoi.

Pour l’histoire, cela fait plusieurs années que UE et USA attaquent indirectement la Russie

-les pays ruinés d’Europe, la Grèce, orthodoxe, l’Italie, Berlusconi et grand ami de Poutine, l’Espagne, fervent soutien de la Russie, oui oui, l’Occident tente depuis plusieurs années de défier Moscou en renversant les gouvernements qui lui sont proches pour y racheter leurs banques et entraîner leurs populations dans la ligne américaine.

-Autre pays a avoir « bénéficié » de ce sort, la Libye, Khadafi ayant été un fervent soutien de la Russie.

-Puis UE et USA ont tenté de renverser la Syrie, pro-russe également. Sans y parvenir évidemment, puisque la Russie y possède une base navale.

Nous sommes arrivés au terme, sans plus d’argent, sans plus de pays pro-russe à chahuter, nous sommes arrivés à la confrontation finale. Et quand y’a plus le sou… y’a la guerre… Pour les matières premières.

Il est préférable que Merkel et Obama reviennent vite sur Terre, qu’ils cessent d’allumer la mèche à chaque intervention, car la Russie, c’est 17 000 têtes nucléaires. N’est-ce pas Angela, vous qui dîtes: « Poutine avait perdu tout contact avec la réalité. »

Du communautarisme accélérant

 « La liberté par rapport à* constitue la formule la plus odieuse de l’esclavage puisqu’elle pousse la personne à la révolte contre Dieu, contre les valeurs traditionnelles, contre les fondements moraux et spirituels de son peuple et de sa culture. »Alexandre Douguine – La quatrième théorie politique: La Russie et les idées politiques du XXIème siècleChapitre IILe libéralisme et ses métamorphoses p. 53 à 55

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L’ordre. Conservateur et Libéral. Empire Occidental – et Soviétique. Celui d’interpréter et de vouloir incarner l’insurrection qui vient d’un point de vue strictement communautariste – ou égalementcommuniste, inversement, le communisme autocratique mythifié en anticapitalisme, mais nous pourrions intégrer une certaine forme de communisme alter-mondialiste fantasmé à la catégorie du changement, ça dépend du communisme, comme nous pourrions intégrer le Communisme primordiale de Francis Cousin à la troisième catégorie du logos que nous développerons dans notre prochain article, car le communisme est spécialement intégré au capitalisme ou est-ce le capitalisme qui a le miroir du communisme ? – en son replis, nous voulons dire par là, une façon de concevoir ladissidence et la résistance au mondialisme, comme une réflexion uniquement basée sur les critères et les aspects identitaires de cette résistance, c’est-à-dire les aspects raciaux biologiques, les aspects ethniques et tribalistes, parfois les aspects linguistiques qui explique en partie la structure mentale , les plus religieuxau sens de monothéisme, mais cela peut s’appliquer à un certain paganisme, ils y ajoutent : coutume, tradition, rituel, culte, croyance, superstition. Ce déterminisme communautariste devient un seulet même critère pour décider de la légitimité révolutionnaire d’un tel patriote potentiel ou un autre dissident opératif à combattre, de justifier sa dissidence, uniquement par ces critères qui sont un critère – surtout l’interprétation moderne de ces critères – et ce jusqu’à atteindre un tribalisme débridé qui finalement ressemble à celui de la communauté des coiffeurs – compatible avec la volonté de morcellement du système et en opposition avec l’esprit de communauté primordiale, de communauté de l’être, nous ne parlons pas de laisser libre court à un métissage de masse – babelisation – mais bien de l’Unicité trinitaire dans ladiversité cosmique des races intérieures. Exit l’universalisme desLumières.

Une essentialisation d’une société déracinée et modernisée qu’ils voient toujours comme une communauté suffisamment enracinée et traditionnelle, qu’ils justifient avec des critères modernes, tant dans l’explication de la crise que dans les solutions à lui apporter, dans la continuité d’un certain concept électif lévite de la race – du peuple caste – et dans sa définition talmudique et postmoderne acceptée, ce qui revient à la même détermination – une définition occidentale et libérale assez récente dans l’histoire des représentations sociales et raciales indo-européennes, qui fût une réhabilitation d’une représentation suprématiste et élective de la tribu-race du dieu vengeur dans le corpus athée et laïque du monde moderneatlantisé etoccidentalisé, réhabilité dans l’histoire par le biais, et du protestantisme, chose que les identitaires devraient pourtant rejeter radicalement par définition, et par celui de la philosophie desLumières, appuyé dans une certaine dérive métaphysique moderne du concept de race aryenne – Atlantéenne et/ou Hyperboréenne ? Ou doublement polaire ?- et de la théorisation scientifiquement anti-traditionnelle de cette supériorité raciale fantasmée – occidentalementunipolaire et atlantiquementanti-polaire -, à des fins de dominations, et notamment dans l’Histoire, pour légitimer la mise en esclavage, dans sa version moderne, des pauvres et la colonisation systématique des faibles tribus – par, notamment, la gauche historique française dont la droite aime à récupérer les casseroles, et nous ne parlons pas des propriétaires des bateaux – que ces esclaves – slaves – soient blancs ou noirs – nègres -, ce qui nous mène aujourd’hui à un malthusianisme mondial, un darwinisme normal, un eugénisme social parfois cautionné par cette rébellion réactionnaire, auto-administrée, par ces peuples enracinés eux-mêmes qui en sont pourtant les premières victimes, ils défendent la logique suprémaciste etoccidentale qui les a brutalement déraciné ; un racisme primaire à l’extrême de l’antiracisme institutionnel tous deux opposés à l’instinct radicalement primordial de préservation anthropologique et sacrale de sa lignée et de sa civilisation.

« Ces journalistes, dont l’humeur abjectement fouineuse ne trouve d’égal que dans leur profond analphabétisme, ignorent sans doute que les tenants actuels de la tradition occidentale – dont René Guénon et Julius Evola – sont tous d’accord pour reconnaître un antagonisme irréductible entre la civilisation de l’Atlantide et celle de l’Hyperborée, entre l’extrême Occident et l’extrême Nord. La civilisation de l’Atlantide était essentiellement magicienne, sombre et crépusculaire, lunaire, et avait suicidairement mis en jeu des formidables forces métagravitationnelles dont elle ne savait pas maîtriser – ou l’avait oublié – les hautes puissances spirituelles qui eussent pu justifier les maniements et garder le contrôle. Il est en même temps vrai que l’éthos doctrinal profond de la conscience magicienne du Tibet, sombre, hallucinée par le perpétuel combat contre les démons de l’invisible, qu’elle fût pré-bouddhique ou bien celle d’un bouddhisme transformé de l’intérieur, correspond assez à ce qu’avait dû être la vision du monde de l’Atlantide. Mais dans tous les cas le « grand nazisme occultiste » n’avait pas à s’intéresser à l’Atlantide, qu’il assimilait à la civilisation matérialiste et désacralisé d’outre-atlantique, à la face irrémédiablement décadente, finale, de l’Occident mais aux civilisations originelles de l’extrême Nord, aux souvenances immémoriales de la vision hyperboréenne du monde, limpides et solaires, héroïques, divines et divinisantes, fondées dans l’être et pourvoyeuse de liberté. Ce qui est une toute autre chose. Et l’intérêt du « grand nazisme occultiste » pour le Tibet était, lui aussi, tout autre que ne sauraient se le figurer ceux qui en parlent du dehors. » Jean Parvulesco – Le Sentier Perdu – p. 32 à 34

Mais aussi, et subtilement, cette logique communautariste moderne mène à autoriser – ou à ne pas combattre – l’usure -, nous finissons par combattre davantage les musulmans que les usuriers – nous notons qu’une certaine finance dite islamique pratique indirectement l’usure -, les traditionalistes que les racailles d’en haut et les racailles d’en bas -, sur base de la dialectique du pour combattre l’usurier il faut pratiquer l’usure, ce qui nous donne la figure du catholique libéral-patriote de Radio Courtoisie – cette définition de RC est réductrice et caricaturale à effet, car cette radio, que nous écoutons avec beaucoup d’intérêts, rassemble un large spectre de penseurs et est une radio de qualité qu’il faut écouter, nous parlons de l’ambiance générale et dominante, de l’influence non dissimulée du Club de l’Horloge dans cette radio.

L’écueil isolationniste de s’en remettre uniquement à leur famille de pensée – corps et âme – son camp-à-soi, en l’occurrence le camp national divers et varié – sa chapelle dans ce camp national -, et le projet de domination ou de prise de pouvoir de sa chappelle – en faisant de leurs mythes fondateurs des réalités historiques pour aujourd’hui et une tradition pour demain, se laissant entièrement assister par ce logiciel dans un mouvement moderne, qu’il soit de masse ou groupusculaire.

Le contraire d’un anathème n’est pas la vérité.

Le contraire de l’antiracisme institutionnel n’est pas le racisme primaire.

Dans un esprit de pure réaction donc, parfois folklorique, qui est finalement peu accompagné d’une recherche profonde et volontaire sur la cause des causes de leur asservissement. Qui prétend à une discipline exemplaire, se revendique d’une organisation quasi para-militaire, d’une abnégation guerrière, d’une éducation protocolaire, d’une camaraderie sans faille, mais ce qui reste peu observable dans les faits. Une dissidence par un communautarisme accélérateur du chaos systémique ? Un communautarisme accélérant ; rouge et noir. Bien que nous ne rejetons pas intégralement la synthèse fasciste – ou marxiste -, nous voyons là une dissidence qui au delà d’étudier cette synthèse reste potentiellement acquise aux écueils du nazisme – ou du bolchévisme -, que nous n’attribuons pas tant à la nature dunational-socialisme – ou stalinisme – qu’aux dérives historiques dues au contexte de la guerre et d’une fuite en avant provoquée. Nous intégrons également à cette catégorie les groupes qui se définissent uniquement de par leur appartenance religieuse dans la même logique communautariste, pouvant également y intégrer une part des monarchistes et de royalistes par l’aspect conservateur et classiquede cette catégorie. Une dissidence extension du libéralisme.

« Alors, en 458 av. J.-C., les Lévites frappèrent. Leur Loi était prête, ce qui n’avait en soi pas grande importance. Le Roi Perse était prêt à l’imposer pour eux, et cela était des plus important alors, et encore actuellement.

Pour la première fois, la secte dirigeante accomplit le prodige qu’ils ont depuis réussi à maintes reprises : par quelque moyen, ils persuadèrent un dirigeant étranger, qui était leur prétendu maître et selon toutes apparences extérieures, un potentat puissant par lui-même, à mettre ses soldats et son argent à leur disposition. En ce jour de 458 av. J.-C., les Judaïtes de Jérusalem furent finalement coupés de l’humanité et asservis d’une manière qu’ils n’avaient jamais connue à Babylone. Ce fut le véritable « début de l’affaire ».

L’histoire est racontée dans les livres d’Esdras et de Néhémie, les émissaires lévitiques de Babylone qui furent envoyés à Jérusalem pour imposer la loi d’Ézéchiel. Esdras, de la haute-prêtrise, alla de Babylone à Jérusalem avec quelque 1500 disciples.

Il venait au nom du roi perse Artaxerxès à-lalongue-main, avec des soldats perses et de l’or perse.

Il arriva exactement comme le Dr Chaim Weizmann arriva en Palestine en 1917, soutenu par les armes britanniques et l’or britannique, et en 1947, soutenu par l’argent et la puissance américains. Juridiquement, Esdras était un émissaire perse (juridiquement, le Dr Weizmann, un juif né russe, était un émissaire britannique en 1917).

Quels moyens la secte trouva-t-elle pour plier le roi Artaxerxès à sa volonté, nul ne pourrait le découvrir actuellement ; après le roi Cyrus, il était le second potentat à jouer le rôle du pantin, et à notre époque cet empressement est devenu un critère de sélection rigoureux pour les affaires publiques. Esdras avait emporté la nouvelle Loi raciale avec lui. Il l’imposa d’abord à ses propres compagnons de voyage, n’autorisant à l’accompagner que ceux qui pouvaient prouver qu’ils étaient de descendance judaïte, ou Lévites.

Quand il arriva à Jérusalem, il fut « rempli d’horreur et de désarroi » (nous dit le Dr Kastein) en voyant la prédominance des mariages mixtes. Les Judaïtes étaient en train de trouver le bonheur à leur manière ; « en tolérant le croisement avec les tribus voisines, ils avaient établi des relations paisibles basées sur les liens familiaux ». Le Dr Kastein (qui était tout aussi horrifié par ce tableau de nombreux siècles plus tard) doit admettre que les Judaïtes, par ces mélanges, « observaient leur tradition telle qu’elle était comprise à l’époque » et ne violaient aucune loi connue d’eux. Esdras apporta la nouvelle Loi d’Ézéchiel, qui une nouvelle fois supplanta la « tradition » ancienne. Dans son statut d’émissaire du roi de Perse, il fit rassembler les Jérusalémites et leur dit que tous les mariages mixtes devaient être dissous ; dès lors, les « étrangers » et tout ce qui était étranger devaient être rigoureusement exclus. Une commission de sages fut mise en place pour défaire tous les liens maritaux qui avaient été forgés, et donc pour détruire les « relations paisibles basées sur les liens familiaux ».

Le Dr Kastein nous dit que « la mesure d’Esdras était sans aucun doute réactionnaire ; elle conférait la dignité d’une loi à un décret qui à cette époque n’était pas inclus dans la Torah » (que les Lévites, à Babylone, étaient encore en train de rédiger).

L’utilisation du mot « dignité » par le Dr Kastein présente un intérêt à ce propos ; son livre fut publié à Berlin l’année où Hitler promulgua exactement le même genre de loi, vingt-quatre siècles plus tard ; elle fut à l’époque qualifiée d’ « infâme » par les sionistes, et les armées occidentales, prenant le rôle inverse des soldats perses de 458 av. J.-C., furent mobilisées pour la détruire !

La conséquence de cet acte était naturelle, en 458 av. J.-C. comme en 1917 ap. J.-C. : les peuples voisins furent outragés et alarmés par cette innovation inouïe. Ils virent la menace que cela leur posait, et ils attaquèrent Jérusalem, démolissant le symbole de l’infériorité dont on les avait affublés – à savoir, les murs de cette ville. Entre-temps, Esdras, comme n’importe quel sioniste du XXe siècle, était manifestement retourné chez lui à l’étranger, car une fois de plus la structure artificielle commença à s’écrouler et les tendances naturelles resurgirent : les intermariages reprirent et menèrent de nouveau à des « relations paisibles basées sur les liens familiaux ».

Seul l’usage de la force peut empêcher que ce genre de choses n’arrive. Treize ans plus tard, en 445 av. J.-C., les sages de Babylone frappèrent encore.

Néhémie était un autre personnage, aussi typique de notre siècle que de cette époque à Babylone. Il était de descendance judaïte et était haut placé dans les faveurs du roi perse (de même qu’aujourd’hui, les « conseillers » sionistes se tiennent habituellement à la droite des Premiers ministres britanniques et des présidents américains ; le parallèle ne pourrait être plus étroit). Il était l’échanson d’Artaxerxès lui-même. Il arriva de Babylone à Jérusalem muni du pouvoir dictatorial et avec assez d’hommes et d’argent pour re-fortifier la ville (aux frais des Perses ; le parallèle avec aujourd’hui continue), et ainsi elle devint le premier véritable ghetto. C’était un ghetto vide, et quand les murs furent prêts, Néhémie ordonna qu’un dixième des Judaïtes soit tiré au sort pour y résider.

La race devint donc le principe suprême de la Loi, même si ce principe n’était pas encore rédigé. Les adorateurs de Jéhovah qui ne purent convaincre les officiels perses et les sages lévites qu’ils descendaient de Juda par Benjamin ou Lévi furent rejetés « avec horreur » (le Dr Kastein). Chaque homme dut établir « la pureté incontestable de sa souche » d’après les registres des naissances (le décret hitlérien du XXe siècle sur les grands-mères aryennes était moins extrêmiste). Puis, en 444 av. J.-C., Néhémie chargea Esdras de formuler l’interdit sur les mariages mixtes dans la Torah, pour qu’enfin ce qui avait été accompli fasse partie de la « Loi » aux multiples modifications (et David et Salomon furent sans doute bannis à titre posthume). Les chefs de clans et de familles furent rassemblés et enjoints de signer un pacte selon lequel eux-mêmes et leurs gens observeraient toutes les lois et jugements de la Torah, avec un accent particulier sur cette nouvelle loi.

Dans le Lévitique, on fit l’insertion nécessaire : « Je t’ai coupé des autres peuples pour que tu sois à moi ». Dès lors, aucun Judaïte ne pourrait se marier en dehors de son clan, sous peine de mort ; tout homme se mariant à une femme étrangère commettait un péché contre Dieu (Néhémie, 13:27 ; ceci est la loi de l’État sioniste aujourd’hui). Les « étrangers » furent défendus d’entrer dans la ville, afin que les Judaïtes « puissent être purifiés de tout ce qui était étranger ». Néhémie et Esdras furent tous les deux des témoins oculaires. Néhémie est le narrateur idéal et incontestable : il était là, il était le dictateur, ses actes étaient l’acte. Il raconte que quand Esdras lut pour la première fois cette nouvelle Loi aux Jérusalémites : « Toute la foule pleura quand elle entendit les paroles de la Loi ». » Douglas Reed – La Controverse de Sion Chap. VI La foule pleurait p. 61 à 63

Par le concept de communautarisme accélérant, nous entendons ici, les courants dissidents ou autres groupes sociétaux qui correspondent à cette idée de lobbyisme et de replis communautaire, et que nous devons intégrer pour expliquer cette catégorie car elle est caractéristique du Grand jeu des oppositions nécessaires au bonfonctionnement du Libéralisme triomphant.

Ils proposent une vision péjorativement identitaire et abusivementcommunautaire de la société, un lobbyisme culturel, racial et/ou religieux en opposition avec le concept naturel de communauté enracinée – à sa place et qui comprend naturellement son histoire et son identité s’en en faire un chauvinisme ou une politique unique – et avec le concept d’assimilation à la française, une vision tribale donc, de séparation à l’anglo-saxonne, séparation sur un même espace géographique, et donc une vision réductrice des groupes sociaux et culturels constitués aujourd’hui, et ce dans toutes leurs échelles géographiques et tous leurs plans philosophiques, tout ce qu’implique en terme de division cet éternel retour au tribalisme en germe dans de nombreuses idéologies et philosophies politiques modernes.

Une position que nous qualifierons – pour que la chose soit entendue nous utiliserons une image claire – de néo-réactionnaire, autrement dit, une position conservatrice de réaction, en opposition avec un conservatisme révolutionnaire qui s’inspire donc, de la Traditionaristo-platonicienne, guéno-évolienne.

« Une « opposition nationale » inexistante, de pure frime.

Et il n’est même pas impossible que l’épreuve de force entre la social-démocratie au pouvoir et les forces de contestation qui vont s’élever alors contre l’ « état de fait » puisse prendre aussi tôt les allures d’une guerre civile, les choses apparaissent ainsi d’autant plus étranges que les forces de contestation se levant contre la dictature à la fois sournoise et totalitaire de la social-démocratie seront tout à fait inconnues, n’ayant encore fait état, ouvertement, de leur existence, et ne manifestant donc aucune relation avec ce qu’on appelle, sans doute par dérision, l’ « opposition nationale » – soi-disant « gaulliste » – et autres formations de la même frime, salement complices, à la traîne, et dans l’imitation honteuse du pouvoir en place – « opposition nationale » dont les positions affichées font ouvertement assaut d’allégeance aux mots d’ordre de la conspiration mondialiste se tenant présente dans l’ombre.

D’autre part, il faudra aussi que le déclenchement de la campagne, à Moscou, en faveur du projet de l’axe Paris-Berlin-Moscou, coïncide en quelque sorte avec l’apparition soudaine, et avec la prise de pouvoir présidentiel par l’ « homme providentiel », par « celui que l’on attend », de manière à ce que l’on puisse être certains de l’attitude du gouvernement russe à ce sujet. Le gouvernement de Moscou devant alors, en effet, s’emparer de la pétition en cours pour le projet de l’axe Paris-Berlin-Moscou, pour en faire son propre cheval de bataille, au niveau propre de la « grande politique ». L’affaire devant être ne dernière instance traitée d’Etat à Etat entre la Russie, la France et l’Allemagne. » Jean Parvulesco – La confirmation boréale – Chapitre La stratégie contre-mondialiste de l’axe Paris-Berlin-Moscou – page 307 à 308

Ils importent en réalité, voire paradoxalement, le modèle anglo-saxon du cosmopolitisme et de la séparation sur un même sol, contre le modèle français de l’enracinement et de l’assimilation. Modèle français qui aurait échoué ? Nous pensons qu’il n’a jamais réellement vu le jour et pu s’exprimer intégralement, phagocyté par les Lumières et lecapitalisme libéral, admettre que ce modèle aurait échoué, c’est admettre la victoire des Lumières et du capitalisme libéral. La construction des banlieues dortoirs ethniques est déjà incompatible avec le modèle français. Ils prônent donc un système d’élection soit socio-économique, soit raciale, soit divine, et parfois des trois à la fois – de la domination économique – incarnée par les princes du sionisme et de la haute franc-maçonnerie de subversion – ou a contrario du combat ethnique – incarné également par les identitairespour la sphère populaire de ces portées contre-initiatiques. Soit pour maintenir cette domination, la confirmer, soit pour jouer le rôle d’opposition nécessaire à cette domination à travers les luttes sociales et sociétales. Certains de ces groupes se revendiquent d’une certaine dissidence ou d’un certain engagement politique militant de type Troisième voie, d’autres ont leur part et font partie du paysagepolitico-médiatique, et d’autres encore expriment les dominations visibles. Nous pensons que prôner un lobbyisme communautaire pour résister au système du Divide et Impera est, au delà d’admettre un certain triomphe du Libéralisme, une contradiction en soi qui mène à ce que ces courants dissidents du communautarisme accélérantredoutent, et qu’en finalité, ils ne participent qu’à renvoyer la balle au tribalisme institutionnel du CRIF, des Indigènes de la République ou encore de la LICRA.

Nous pouvons donc distinguer quatre grandes familles pour illustrer cet écueil du communautarisme accélérant : Les identitaires de laReconquista – les professionnels de l’antiracisme institutionnel – les éternels immigrés – Les lobbys rentiers du communautarisme victimaire. Les uns se mêlant aux autres et les autres étant parfois une émanation direct des uns.

Il n’y a qu’une communauté en France, et elle est la communauté des français, aux français à définir ce qu’est traditionnellement un français. La France, et il devrait en aller de même pour les autres pays européens, n’en reconnaît aucune autre. C’est cette reconnaissance même qui constitue l’échelle de la nation. Dénoncer le lobbyisme communautaire, qu’il soit économique, social, de genre, racial ou religieux, ne doit pas avoir pour but de l’imiter pour le circonvenir mais a pour objectif de l’abolir sans le cloner pour y parvenir et de revenir à une certaine Tradition, d’en finir avec ce règne des minorités comme nous devrions en finir avec les partis et les faux clivages qu’ils génèrent, à partir du moment où un modèle est imiter et que nous n’existons plus que contre ce modèle, ce modèle a déjà gagné. Le concept même de lobbyisme étant un concept propre à l’esprit de la modernité.

L’identitaire sincère, mais néo-réactionnaire plutôt que radical, qui ignorerait ou ne prendrait pas en compte le point de vue de laTradition comme point de repaire authentiquement anticapitaliste, prendrait également le risque de participer de la même logique libérale de la La liberté par rapport à* et d’aider à faire aboutir les buts idéologiques originels compris dans le concept du règne des minoritésmorcellement du tout, dont il ne devient qu’un acteur, un intermédiaire de plus.

* « LA LIBERTÉ PAR RAPPORT A 

Tous les principes de la philosophie du libéralisme et ce nom lui-même sont fondés sur la thèse de la « liberté » – « liberty ». De plus, les philosophes libéraux eux-mêmes (en particulier, John Stuart Mill) soulignent que la « liberté » qu’ils défendent est une notion strictement négative. Qui plus est, ils établissent une distinction entre la liberté par rapport à (quelque chose) et la liberté de (faire quelque chose), en proposant d’utiliser pour ces eux concepts deux mots différents en anglais : « liberty » et « freedom ». « Liberty » sous-entend la liberté par rapport à quelque chose, d’où tire précisément son origine le terme « libéralisme ». Les libéraux se battent bel et bien pour cette liberté qu’ils défendent. Quant à la « liberté de », c’est-à-dire le sens et le but de la liberté, les libéraux gardent le silence, estimant que chaque individu peut lui-même trouver une application à cette liberté – tout comme n’en chercher aucune application. Il s’agit d’une question de choix privé, qui n’apparait pas comme une valeur politique ou idéologique.

Au contraire, la « liberté par rapport à » est décrite en détail  et revêt un caractère dogmatique. Les libéraux proposent donc de se libérer :

– de l’État et de son contrôle sur l’économie, la politique, la société civile,

– de l’église et de ses dogmes, 

– des systèmes de groupes sociaux constitués (ordres),

– de toute forme d’économie communautaire,

– de toute tentative de redistribuer, fût-ce par des instances de l’État ou de la société, les résultats du travail matériel ou immatériel (selon la formule du libérale Philippe Nemo, disciple de Hayek : « la justice sociale est profondément amorale »),

– de l’appartenance ethnique,

– de toute identité collective.

On peut penser avoir affaire à quelque version de l’anarchisme mais cela n’est pas tout à fait le cas. Les anarchistes, du moins tels que Proudhon, posent comme alternative à l’État le travail libre en communauté avec collectivisation complète de ses produits et se prononcent fermement contre la propriété privée, tandis que les libéraux, au contraire, voient dans le marché et la propriété privée sacrée le gage de la réalisation de leur modèlesocio-économique optimum. En outre, considérant théoriquement que l’État doit tôt ou tard dépérir, après avoir cédé la place au marché, mondial et à la société civile mondiale, les libéraux, en vertu de considérations pragmatiques, soutiennent que l’État, s’il est de nature démocrate bourgeoise, contribue au développementdu marché, garantit à « la société civile » sécurité et protection contre ses voisins agressifs, prévenant ainsi »la guerre de tous contre tous » (T.Hobbes).

Pour le reste, les libéraux vont assez loin, niant pratiquement toutes les institutions sociopolitiques traditionnelles, jusqu’à la famille ou l’appartenance sexuelle. Dans les cas extrêmes les libéraux se prononcent non seulement pour la liberté de l’avortement, mais aussi pour la liberté de l’appartenance sexuelle (en soutenant les droits des homosexuels, des transsexuels, etc.). La famille, du même que les autres formes de lien social, sont considérées comme des phénomènes purement contractuels qui, tout comme comme les autres « entreprises », sont conditionnés par des accords juridiques.

En somme, le libéralisme insiste non seulement sur la « liberté par rapport » aux Traditions, au sacré (si on évoque les formes passées de la société traditionnelle), mais aussi sur « la liberté par rapport » aux socialisations et aux redistributions, sur lesquelles mettent l’accent les idéologies politiques de gauche – socialiste et communiste – (si l’on considère les formes politiques contemporaines du libéralisme ou prétendant même le remplacer). »Alexandre Douguine – La Quatrième théorie politique: La Russie et les idées politiques du XXIème siècle – Chapitre II Le libéralisme et ses métamorphoses – p. 39 à 41

Ces groupes, dans leur écrasante majorité, ne font – toujours – pas la distinction, ou n’ont pas envie de la faire, entre le métissage – qu’ils le vendent comme stratégie de destruction de l’autre ou le dénoncent fermement même dans ses expressions naturelles – et le processus mondialiste du métissage forcé, la babelisation – voir les travaux Pierre Hillard – sur lequel ils s’appuient tout de même pour nourrir leurs nostalgies et un folklore incapacitant – dans l’idée générale de la société de l’indistinction, ethnique ou des sexes, des élites mondialistes uniformisantes, qui elles préservent leur patrimoineplus apatride que cosmopolite férocement.

D’une manière globale, ces groupes sont souvent formés idéologiquement et organisés politiquement, en tout cas ils ont des objectifs. Ils s’appuient et s’affrontent, entre eux, dans le cadre de l’ethnicisation de la crise et autours de la théorie du choc des civilisations dans sa version synthétique, Hungtingtonienne, mais aussi dans la négation totale ou l’exagération de ces phénomènes, et des phénomènes de l’immigration et de l’islamisation plus particulièrement.

Nous avons déjà évoquerons l’idée de Choc des civilisations naturel et Choc de civilisation synthétique dans un prochain article : La lutte des classes, pas l’ethnicisation de la crise.

« Contrairement aux allégations de Samuel Huntington, l’orthodoxie ne représentera pas, à l’heure des retrouvailles grand-continentale eurasiatiques des nôtres, une ligne de rupture infranchissable: au contraire, la mobilisation transcendantale de l’ethos européen abyssal provoquée par la tentative américaine d’assujettissement du Grand Continent fera que l’Europe catholique de l’Ouest et que l’Europe orthodoxe de l’Est y retrouveront , providentiellement, l’unité antérieure d’une même foi et d’un même destin. Unité impériale, foi impériale et destin impérial, encore une fois et, cette foi-ci, définitivement. » Jean Parvulesco

Certains de ces groupes se préparent concrètement à la possibilité d’un effondrement économique ou d’un affrontement politique – à la différence des purs alter-mondialistes, néanmoins, nous connaissons et avons déjà relevé la filiation entre l’antiracisme institutionnel et l’alter-mondialisme – : la ShoahBAD, la whiteBAD, l’islamaBAD, la matriaBAD, etc.

Nous distinguerons le concept d’éco-village et le concept de Base Autonome Durable. Le concept de Survivalisme apocalyptique à l’américaine et le concept leVivalisme pragmatique à la française,celuidu bon sens paysan.

Leurs démarches semblent être totalement opposées en leurs extrémités, ils s’affrontent, mais se répondent et convergent vers l’affrontement final souhaité parle système et son messianisme synthétique – de la guerre globale pour l’énergie et dans la stratégie du Divide ut regnes des entités contre-iniatiquesDivide ut regnespré-requis à l’ Ordo ab Chao souhaité par tout ce qui est viscéralement antitraditionnel -, c’est ce dialogue de sourds utiles qui est aussi l’axe principal de l’inertie à l’intérieur de la dissidence.

La question raciale étant sans doute la question à laquelle il est le plus ardu de répondre avec le soucis du juste milieu grec et dans ce paradigme de l’antiracisme institutionnel ou du racisme institutionnel.

L’espoir – même si l’Histoire n’est pas une mathématique de l’espérance, et que ce qui va suivre est volontairement bancale à des fins subtiles et subliminales de pédagogie par l’absurde – est que, à force, leurs volontés, qui participent clairement de nos inerties, s’annulent idéologiquement entre elles, et ne permettent pas des adhésions suffisantes, à soit leur développement, soit leur victoire. Par exemple, un sans-frontièrisme intégral – servant le mondialisme – contre un indépendantisme régional pro-UE – servant le mondialisme -, s’annulent sur le plan des idées, ou en tout cas se confondent puisque fondamentalement ils reviennent à réaliser le même projet. Ce qui est certain c’est qu’elles s’entrechoquent, mais aussi se fatiguent, s’usent et s’épuisent. Cette approche peut paraître ne participer d’aucune logique, mais bientôt, les questions seront plus simples, plus radicales et beaucoup plus pragmatiques, l’idée est que la masse, forcée de se réveiller, sera déjà pré-épuiséedélavéepar ces longues conversations et répondra en premier lieu à des questions élémentaires telles que Boire, Manger, se Loger et se Chauffer, et ce, de façonlocale et concentrique. Gardez vos forces. Ce qui n’exclut pas, que les questions ethniques et/ou religieuses servent d’excuses à des adversités rentables financièrement et confortables intellectuellement, que ces communautarismes modernes se durcissent plus nous avancerons dans l’austérité ou assisterons à un effondrement économique, ce qui apportent des conséquences similaires, et ne fait varier que l’intensité de cet axiome déjà en activité.

Ils sont donc dans des stratégies de maintien de leur domination ou de maintien de leur rôle d’opposition – parfois rentable, souvent même bénévole – à court terme. Le lobby communautaire juif, le lobby néo-colonial des droits-de-l’homme, les suprémacistes rabiques, les chefs religieux auto-proclamés de l’Islam de marché, les identitaires de la Reconquista, l’Église conciliaire et les chevaliers des Églises dites traditionnelles ou évangélistes, d’autant de parts du grand bazar politique, incarnent tous une vision d’élu et non l’universalité de leurs livres et mythes fondateurs, pour certains, car le tribalisme est en germe chez beaucoup.

Nous leur conseillons fortement de lire Michel Drac sur La question raciale et d’entendre les nombreuses références au sein de la dissidence qui parlent du conflit de civilisations comme stratégie militaire, comme Ameyric Chauprade et son site Réalpolitik.tv.

Par exemple, être Celte, c’était parler la langue Celtique et non pas appartenir à un groupe ethnique – régional à l’époque – spécifique et précis, sinon de fait. La prérogative de la race n’était pas formulée par le corpus Celte par cette façon épidermique de la supériorité raciale, sans doute parce que des phénomènes telles l’immigration de masse n’existaient pas ou que l’assimilation était une cause naturelle à la survie individuel, mais aussi parce que la définition traditionnelle de la race et de la caste était autre et admise par l‘humanité entière à l’unanimité plénière en la conception anthropologique des civilisationsancestralement constituées loin des tautologies modernes sur l’évidence des adaptations climatiques, on appartenait à un groupe ethnique de facto, on ne se posait pas la question. Avant existait un racisme de castes. Ensuite de classes. Le racisme ethnique au sens de supériorité d’une race est totalement moderne, une réaction à l’invention de la guerre des classes et amène à la montée des tensions communautaires voulues par les élites mondialistes: l’ ethnicisation de la crise. La crise économique mondiale, ce coup d’état contre-initiatiqueglobal.

« Nombre de politologues ont tenté d’identifier ou de lier le XXème siècle et l’apparition du conservatisme fondamental au fascisme. Louis Pauwels et Jacques Bergier, auteurs de l’ouvrage « Le matin des magiciens », ont écrit que « le fascisme est le guénonisme, plus des divisions blindées. » Cela est tout à fait inexact. Nous avons vu que le fascisme constitue plutôt une philosophie de l’époque moderne qui apparaît dans une large mesure contaminée par des éléments de la société traditionnelle mais qui ne s’élève ni contre le moderne ni contre le temps. Qui plus est, aussi bien Guénon qu’Evola ont très fermement critiqué le fascisme.

Guénon et Evola ont produit dans leurs travaux une description exhaustive de la position fondamentaliste conservatrice. Ils ont décrit la société traditionnelle comme un idéal hors du temps, et le monde contemporain (moderne) et ses principes fondamentaux comme le produit de la chute, de la dégradation, de la dégénérescence, du changement de castes, de la dissolution de la hiérarchie, du transfert de l’attention du spirituel vers le matériel, du céleste vers le terrestre, de l’éternel vers le provisoire, etc. Les positions des traditionalistes se caractérisent par leur apparence structurée et leur ampleur. Leurs théories peuvent servir de modèle au paradigme conservateur dans sa plus pure expression. » Alexandre Douguine – La Quatrième théorie politique : La Russie et les idées politiques du XXIème siècle – Chap. VQu’est-ce que le conservatisme ?, Le conservatisme fondamental : le traditionalisme – page 89

Et la Tradition dans tout ça ?

Si nous réduisons au maximum l’opposition interne au différents groupes qui composent la catégorie du communautarisme accélérant, dans ce paradigme de la démocratie représentative de marché et d’opinion, nous pourrions illustrer cette réduction par l’affrontement mythique de l’internationale bolchevique contre l’internationale fasciste, opposition nécessaire, manipulée par le messianisme sioniste, chapeauté et même financé par le Libéralisme triomphantsur le ring de la République mondial des démocraties d’ingérences, ce progressisme systémique de la fatalité comme horizontalité mortifère. Nous croyons que le fascisme, est non seulement, typiquement italien, n’est pas exportable, mais ne peut pas être reproduit en tant que tel, même en Italie, car cette théorie politique est morte, ou a été avalée par le libéralisme en 1945 et digérée par le trou noir bruxellois, comme le communisme est totalement mort à la chute du mur Berlin, en 1991. Il n’est pas innocent, que laCasapound reformule le fascisme, l’adapte au réel, nous espérons le dépasse et participera de la construction d’une Quatrième théorie politique. Ces aventures politiques – le communisme et le fascisme – sont dépassées et anachroniques. Cette opposition permanente entre ces théories zombies  empêche subtilement l’existence même du point de vue de la Tradition primordiale – traditionalisme,pèrennialisme. La seule évocation de la Tradition Primordiale, qui s’oppose intrinsèquement à toutes nostalgies de théories modernes et folkloriques, fait frémir le libéralisme car elle émiette cette opposition nécessaire à son bon fonctionnement. La guerre idéologique entre le Rouge et le Noir empêche également la construction d’une Quatrième théorie politique, qui nous pensons a tout à voir avec un certain anticapitalisme autonome et authentiquement révolutionnaire que nous recherchons, qui réconcilie les analyses marxistes de la lutte des classes, l’approche nationale-socialiste de la lutte contre le mondialisme et la critique radicale du libéralisme par le traditionalisme.

Pour certains, leurs visions du monde, qu’elles soient rationnelles ou métaphysiques, sont absolument manichéennes et relèvent toujours de ce dualisme transcendantal évoqué par Alain Soral pour expliquer les deux grandes tendances philosophiques, inconscientes, dans le comportement, l’approche, des militants de la dissidence française – au sens élargit du terme – dans leurs analyses et réactions. Un anticapitalisme conséquent serait, en opposition, d’un certainmonisme dialectique. Mais cette remarque vaut pour l’ensemble des dissidents et ne s’attachent pas qu’aux communautaristes, peut être plus particulièrement tout de même dans leurs entêtements et marches arrières.

La question ethnique et la question de l’enracinement sont primordiales pour la compréhension du bien commun, pour définir le peuple, un peuple avec une identité alors apte à se défendre du libéralisme, mais il ne s’agit pas de traiter ces questions dans le cadre d’une réhabilitation permanente du tribalisme, de la supériorité d’une race, caractéristique de ces apatrides qui asservissent les peuples enracinés. Ce qui revient à vouloir ce qu’ils veulent. Ce qui revient à leur donner raison. Une nouvelle fois.

Leur référence ultime pourrait être Otto Ilitch Oulianov ou Vladimir von Bismarck.

http://www.dailymotion.com/video/x10axse_r-courtoisie-2013-05-28-michel-drac-sur-la-question-raciale_news#from=embediframe

René Guénon « L’INFLUENCE ALLEMANDE »  (chapitre supprimé):

« Ce chapitre fut publié dans l’édition originale de l’Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues (Marcel Rivière, Paris, 1921), puis supprimé des rééditions ultérieures. Il constituait le Chapitre II (IVe partie, pp. 287-293 ) »

« Il est assez curieux de remarquer que les premiers indianistes, qui étaient surtout des Anglais, sans faire preuve d’une compréhension bien profonde, ont dit souvent des choses plus justes que ceux qui sont venus après eux; sans doute, ils ont commis aussi bien des erreurs, mais qui du moins n’avaient pas un caractère systématique, et qui ne procédaient pas d’un parti pris, même inconscient.

La mentalité anglaise, certes, n’a aucune aptitude aux conceptions métaphysiques, mais elle n’a non plus aucune prétention à cet égard, tandis que la mentalité allemande, qui n’est pas mieux douée au fond, se fait les plus grandes illusions; il n’y a, pour s’en rendre compte, qu’à comparer ce que les deux peuples ont produit en fait de philosophie.

L’esprit anglais ne sort guère de l’ordre pratique, représenté par la morale et la sociologie, et de la science expérimentale, représentée par la psychologie dont il fut l’inventeur; quand il s’occupe de logique, c’est surtout l’induction qu’il a en vue et à laquelle il donne la prépondérance sur la déduction.

Au contraire, si l’on considère la philosophie allemande, on n’y trouve que des hypothèses et des systèmes à prétentions métaphysiques, des déductions à point de départ fantaisiste, des idées qui voudraient passer pour profondes alors qu’elles sont simplement nébuleuses; et cette pseudo-métaphysique, qui est tout ce qu’il y a de plus éloigné de la métaphysique vraie, les Allemands veulent la retrouver chez les autres, dont ils interprètent toujours les conceptions en fonction des leurs propres: ce dernier travers n’est nulle part plus invincible que chez eux, parce que nul autre peuple n’a une tournure d’esprit aussi étroitement systématique.

D’ailleurs, les Allemands ne font en cela que pousser à l’extrême des défauts qui sont communs à toute la race européenne: leur orgueil national les conduit à se comporter en Europe comme les Européens en général, infatués de leur supériorité imaginaire, se comportent dans le monde entier; l’extravagance est la même dans les deux cas, avec une simple différence de degré.

Il est donc naturel que les Allemands s’imaginent que leurs philosophes ont pensé tout ce qu’il est possible aux hommes de concevoir, et sans doute croient-ils faire un grand honneur aux autres peuples en assimilant les conceptions de ceux-ci à cette philosophie dont ils sont si fiers.

Cela n’empêche que Schopenhauer a ridiculement travesti le bouddhisme en en faisant une sorte de moralisme « pessimiste », et qu’il a donné la juste mesure de son niveau intellectuel en cherchant des « consolations » dans le « Vêdânta »; et nous voyons, d’autre part, des orientalistes contemporains comme Deussen prétendre enseigner aux Hindous la vraie doctrine de Shankarâchârya, à qui ils prêtent tout simplement les idées de Schopenhauer !

C’est que la mentalité allemande, par là même qu’elle est une forme excessive de la mentalité occidentale, est à l’opposé de l’Orient et n’y peut rien comprendre; comme elle a pourtant la prétention de le comprendre, elle le dénature forcément: de là ces fausses assimilations contre lesquelles nous protestons en toute occasion, et notamment cette application aux doctrines orientales des étiquettes de la philosophie occidentale moderne.

Quand on est incapable de faire de la métaphysique, le mieux est assurément de ne pas s’en occuper, et le positivisme, malgré tout ce qu’il a d’étroit et d’incomplet, nous paraît encore bien préférable aux élucubrations de la pseudo-métaphysique.

Le plus grand tort des orientalistes allemands est donc de ne pas se rendre compte de leur incompréhension, et de faire des travaux d’interprétation qui n’ont aucune valeur, mais qui s’imposent à toute l’Europe et parviennent très facilement à y faire autorité, parce que les autres peuples n’ont rien à y opposer ou à mettre en comparaison, et aussi parce que ces travaux s’entourent d’un appareil d’érudition qui impressionne fortement les gens qui ont pour certaines méthodes un respect poussé jusqu’à la superstition.

Ces méthodes, du reste, sont également d’origine germanique, et il serait tout à fait injuste de ne pas reconnaître aux Allemands les qualités très réelles qu’ils possèdent sous le rapport de l’érudition: la vérité est qu’ils excellent dans la composition des dictionnaires, des grammaires, et de ces volumineux ouvrages de compilation et de bibliographie qui n’exigent rien de plus que de la mémoire et de la patience; il est extrêmement regrettable qu’ils ne se soient pas entièrement spécialisés dans ce genre de travaux fort utiles à consulter à l’occasion, et qui, chose appréciable, épargnent des pertes de temps à ceux qui sont capables de faire autre chose.

Ce qui n’est guère moins regrettable, c’est que ces mêmes méthodes, au lieu de rester l’apanage des Allemands, au tempérament desquels elles étaient particulièrement adaptées, se soient répandues dans toutes les universités européennes, et surtout en France, où elles passent pour être seules « scientifiques », comme si la science et l’érudition étaient une seule et même chose; et, en fait, comme conséquence de ce déplorable état d’esprit, l’érudition en arrive à usurper la place de la science véritable.

L’abus de l’érudition cultivée pour elle-même, la croyance fausse qu’elle peut suffire à donner la compréhension des idées, tout cela, chez les Allemands, peut encore se comprendre et s’excuser dans une certaine mesure; mais, chez des peuples qui n’ont point les mêmes aptitudes spéciales, on ne peut plus y voir que l’effet d’une servile tendance à l’imitation, signe d’une décadence intellectuelle à laquelle il serait grand temps de porter remède, si l’on ne veut la laisser se transformer en une déchéance définitive.

Les Allemands s’y sont pris fort habilement pour préparer la suprématie intellectuelle qu’ils rêvaient, en imposant à la fois leur philosophie et leurs méthodes d’érudition; leur orientalisme est, comme nous venons de le dire, un produit de la combinaison de ces deux éléments.

Ce qui est remarquable, c’est la façon dont ces choses sont devenues des instruments au service d’une ambition nationale; il serait assez instructif, à cet égard, d’étudier comment les Allemands ont su tirer parti de la fantaisiste hypothèse de l’ « âryanisme », qu’ils n’avaient d’ailleurs point inventée.

Nous ne croyons point, pour notre part, à l’existence d’une race « indo-européenne », même si l’on veut bien ne pas s’obstiner à l’appeler « âryenne », ce qui n’a aucun sens; mais ce qui est significatif, c’est que les érudits allemands ont donné à cette race supposée la dénomination d’« indo-germanique », et qu’ils ont apporté tous leurs soins à rendre cette hypothèse vraisemblable en l’appuyant de multiples arguments ethnologiques et surtout philologiques.

Nous ne voulons point entrer ici dans cette discussion; nous ferons seulement remarquer que la ressemblance réelle qui existe entre les langues de l’Inde et de la Perse et celles de l’Europe n’est nullement la preuve d’une communauté de race; il suffit, pour l’expliquer, que les civilisations antiques que nous connaissons aient été primitivement apportées en Europe par quelques éléments se rattachant à la source d’où procédèrent directement les civilisations hindoue et perse.

On sait, en effet, combien il est facile à une infime minorité, dans certaines conditions, d’imposer sa langue, avec ses institutions, à la masse d’un peuple étranger, alors même qu’elle y est ethniquement absorbée en peu de temps: un exemple frappant est celui de l’établissement de la langue latine en Gaule, où les Romains, sauf dans quelques régions méridionales, ne furent jamais qu’en quantité négligeable; la langue française est incontestablement d’origine latine à peu près pure, et pourtant les éléments latins ne sont entrés que pour une bien faible part dans la formation ethnique de la nation française; la même chose est d’ailleurs vraie pour l’Espagne.

D’un autre côté, l’hypothèse de l’« indo-germanisme » a d’autant moins de raison d’être que les langues germaniques n’ont pas plus d’affinité avec le sanskrit que les autres langues européennes; seulement, elle peut servir à justifier l’assimilation des doctrines hindoues à la philosophie allemande ; mais, malheureusement, cette supposition d’une parenté imaginaire ne résiste pas à l’épreuve des faits, et rien n’est en réalité plus dissemblable qu’un Allemand et un Hindou, intellectuellement aussi bien que physiquement, si ce n’est même plus encore.

La conclusion qui se dégage de tout cela, c’est que, pour obtenir des résultats intéressants, il serait nécessaire de se débarrasser tout d’abord de cette influence qui, depuis trop longtemps, pèse si lourdement sur l’orientalisme; et, bien qu’il ne soit guère possible à certaines individualités de s’affranchir de méthodes qui constituent pour elles des habitudes mentales invétérées, nous voulons espérer que, d’une façon générale, les récents évènements seront une occasion favorable pour cette libération.

Cependant, que l’on comprenne bien notre pensée: si nous souhaitons la disparition de l’influence allemande dans le domaine intellectuel, c’est que nous l’estimons néfaste en elle-même, et indépendamment de certaines contingences historiques qui n’y changent rien ; ce ne sont donc pas ces contingences qui nous font souhaiter que l’influence en question disparaisse, mais il faut profiter de l’état d’esprit qu’elles ont déterminé.

Dans l’ordre intellectuel, le seul dont nous nous occupions ici, les préoccupations sentimentales n’ont pas à intervenir; les conceptions allemandes valent aujourd’hui exactement ce qu’elles valaient il y a quelques années, et il est ridicule de voir des hommes qui avaient toujours professé une admiration sans bornes pour la philosophie allemande se mettre brusquement à la dénigrer sous prétexte d’un patriotisme qui n’a rien à voir en ces choses; au fond, cela ne vaut guère mieux que d’altérer plus ou moins consciemment la vérité scientifique ou historique pour des motifs d’intérêt national, ainsi qu’on le reproche précisément aux Allemands.

Pour nous, qui ne devons rien à l’intellectualité germanique, qui n’avons jamais eu la moindre estime pour la pseudo-métaphysique où elle se complaît, et qui n’avons jamais accordé à l’érudition et à ses procédés spéciaux qu’une valeur et une importance des plus relatives, nous sommes fort à notre aise pour dire ce que nous en pensons; et nous aurions dit absolument la même chose quand même les circonstances auraient été tout autres, mais peut-être avec moins de chances de nous trouver en cela d’accord avec une tendance généralement répandue.

Nous ajouterons seulement que, en ce qui concerne spécialement la France, ce qui est actuellement le plus à craindre, c’est qu’on n’y échappe à l’influence allemande que pour tomber sous d’autres influences qui ne seraient guère moins funestes; réagir contre l’esprit d’imitation nous apparaît donc comme une des premières conditions d’un relèvement intellectuel véritable: ce n’est pas une condition suffisante, sans doute, mais c’est du moins une condition nécessaire, et même indispensable. » René Guénon

La Réponse sera Métapolitique !

Nasrallah Pendragon

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